FOGHAT : "Night Shift".

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

FOGHAT : "Night Shift".

Message par Kebra le Jeu 11 Sep - 21:56

Proposé par Deep Intruder suite à la présentation de Foghat par Jungle

Je place une nouvelle image, celle de Deep ayant disparue.

Foghat. « Le chapeau du brouillard ». Y a-t-il un nom de groupe plus con que celui-là ?… J’en doute.

En tous cas, pour le coup, on s’en fout un peu… Car voilà un nouveau cas symptomatique du fameux adage « Nul n’est prophète en son pays »… Ou comment quelques anglo-écossais ayant sévi en Albion durant les sixties au sein de Savoy Brown ou de Chicken Shake décident un jour d’unir leurs destinées et de se tirer dare-dare aux States, bien conscients que le billet vert reste largement plus intéressant que la vieille Livre Sterling…

Bon calcul, même s’il allait falloir ramer encore quelques années.

L’Europe avait Status Quo, les States auraient Foghat.

Parce qu’au départ, rien ne différencie réellement les deux groupes : on est dans un format heavy-boogie d’excellente facture, parfaitement maîtrisé et totalement énergisant.

Pire : rien n’est simple pour les deux groupes ; ils doivent se fabriquer à la force du poignet. De vrais Stakhanovistes du rock’n’roll, alignant sans broncher plus de trois cents dates par an et trouvant le moyen d’enregistrer durant les jours off… Mais Foghat possède quelques avantages déterminants.

D’abord, et même s’ils ne gagnent pas des cents et des milles, ils sont payés en DOLLARS, ce qui change beaucoup de choses…

Ensuite, ils ont en leur rang un atout fondamental, un VRAI et GRAND CHANTEUR, ce « Lonesome » Dave Peverett, également en charge de la guitare rythmique, qui reste, à mon sens, l’un des plus magnifiques organes vocaux de l’histoire du rock. Le mec peut tout chanter : il a le coffre, la puissance, et –peut-être plus important encore- la gouaille… Il sait choper une salle par les couilles et ne la lâche plus jusqu’à la fin. Les ricains allaient finir par adorer…

Après deux albums passés totalement inaperçus, le guitariste soliste, désabusé, rentre en Angleterre et est remplacé par un p’tit gars du crû, l’américain Rod Price, un vrai caïd de la slide guitar qui lancera au sein du groupe la mode de la « moustache de phoque » (matez la pochette…).

En tous cas, l’effet est immédiat : ils enregistrent l’album «Fool For The City» et ça se met à fonctionner grave ! Les Etats du Midwest et de la côte Est s’arrachent littéralement Foghat ! Qui, du coup, se met à tourner en tête d’affiche sur plus de 120 dates annuelles, complétant le calendrier en premières parties d’Aerosmith ou de Rush…

« Night Shift » est le premier album du groupe où l’on sent qu’il y a vraiment des moyens mis en œuvre derrière… Le son est fabuleusement jouissif, gras à souhait, riche et moelleux. J’ai rarement entendu une section rythmique aussi bien enregistrée (« Down to the river »).

Les guitares, de facture initialement très basiques, se mettent à tricoter avec conviction, s’orientant vers des rythmiques Stoniennes incroyablement excitantes, pourvues d’un son qui arrache vraiment (« Burning the midnight oil »).

Rod Price fait merveille : en lead ou en slide, il fonce tête baissée dans tous les murs que ses comparses tentent d’édifier, faisant tout voler en éclats à chaque fois. Effet garanti. Quant à Peverett, il se lâche totalement et explose enfin, donnant toute la mesure de son immense talent, totalement extatique sur « Don’t bring me down » et sa rythmique « rhino-féroce »…

Enregistré dans une période particulièrement prolifique pour Foghat, entamée avec « Fool For The City » (1er hit radiodiffusé), « Night Shift », comme le suivant « Stone Blue » et le « Live » témoin du « Spring Fever Tour », présente un groupe en pleine possession de ses moyens, sentant qu’il convient de battre le fer tant qu’il est chaud afin de récolter les fruits de tant d’années de labeur acharné.

Durant les quatre années qui suivront, Foghat va littéralement DEVASTER les States, quittant les salles de moyennes contenances pour se concentrer sur les stades, ce qui leur permettra de tourner un tantinet moins et d’être donc plus performants… Jackpot total.

En Europe, le Quo, lui, continue sa tournée sans fin…

Les années 80 seront fatales à Foghat (comme pour beaucoup d’autres, d’ailleurs…). Non pas que le groupe n’ait plus de succès, car aux States, la demande est toujours très réelle pour ce genre de groupe. Mais au bout d’un moment, les mecs ont commencé à perdre pied…

Rod Price craquera le premier : complètement alcoolique , il quittera le groupe une première fois pour une durée de dix mois afin de se refaire une santé… A son retour, tout le monde s’embarque pour une tournée de 85 dates (essentiellement aux States et au Canada, le groupe refusant désormais de s’aventurer ailleurs, si l’on excepte quelques rarissimes dates japonaises. A titre d’exemple, nous n’avons jamais vu Foghat en Europe…). Ca leur sera fatal.

Price rechute, Peverett tourne aux neuroleptiques et prend vingt kilos dans la foulée, terminant chaque concert au bord de l’épuisement physique total. A la fin de la tournée, le groupe explose complètement. Ils tenteront une reformation durant les nineties, d’abord sans Rod Price, puis à nouveau avec lui. Le groupe s’était depuis rangé des bagnoles, jusqu’à la mort accidentelle de Rod au début de cette putain d’année 2005.

Heureusement, les survivants n’ont pas trop de souci à se faire. Ils sont riches. Leurs efforts n’ont pas été vains. Mais en contrepartie, ils ont largement payé leur tribut.

« Night Shift » est à mon sens une pierre essentielle dans l’édification du rock’n’roll des seventies. Foghat fut un groupe important, même si chez nous, personne ne s’en est véritablement rendu compte.

Lors d’un voyage aux States en 2000 –et alors que le groupe ne tournait plus depuis des années !-, je fus incroyablement surpris d’entendre régulièrement les titres «Night shift» ou «Stone blue» sur différentes stations de radio… Leurs disques sont toujours en vente et semblent régulièrement réapprovisionnés. Leur renommée est toujours intacte. Inexplicable ?

Non. Essentiel, simplement.

… En Europe, le Quo tourne toujours…

Kebra

Messages : 1384
Date d'inscription : 09/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: FOGHAT : "Night Shift".

Message par Kebra le Jeu 11 Sep - 21:58

Très intéressant, contrairement à Jungleland jamais entendu parler.
cependant tu dis :
Ou comment quelques anglo-écossais ayant sévi en Albion durant les sixties au sein de Savoy Brown ou de Chicken Shake

j'ai pas remarqué un nom d'un membre de Chicken shack, de qui s'agit-il?

Kebra

Messages : 1384
Date d'inscription : 09/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: FOGHAT : "Night Shift".

Message par Kebra le Jeu 11 Sep - 22:04

Prodigal son



Pour ceux qui ne connaissent pas (encore).
Replongée dans les 70's ........ ca nous rajeunit pas tout ca
Laughing

Kebra

Messages : 1384
Date d'inscription : 09/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: FOGHAT : "Night Shift".

Message par Kebra le Jeu 11 Sep - 22:06

rocky

Je connaissais pas non plus,mais c'est toujours genial de "decouvrir" :bball:

Et comme tu dit"le quo tourne toujours..................."

Kebra

Messages : 1384
Date d'inscription : 09/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: FOGHAT : "Night Shift".

Message par Be-Bop Tango le Mer 17 Sep - 18:12

Je trouve que le Quo était plus heavy et plus boogie basique que Foghat.
Je préférais l'album "Fool For The City" à celui-ci, qui est tout de même un bon album.
De même, je préférais le rock'n'roll de My Babe au "tube" Slow Ride.
Décidement, fais rien comme tout le monde, celui-là
C'est vrai aussi que le Quo tourne toujours : c'est dingue, ça !

Be-Bop Tango

Messages : 141
Date d'inscription : 16/09/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: FOGHAT : "Night Shift".

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 8:41


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum