Sortie: "control" la vie de Ian Curtis

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Sortie: "control" la vie de Ian Curtis

Message par Kebra le Mar 9 Sep - 22:02

Film présenté par Rocky le 13/09/2007

Ian Curtis : "Un garçon talentueux qui donna trop, trop vite"






Sa biopic "Control", présentée lors du dernier festival de Cannes, a ému aux larmes ceux qui se souviennent encore de ses yeux d’enfant égaré sur une scène trop grande pour lui. Le souvenir de Ian Curtis, le leader du désormais mythique - mais fugace - groupe Joy Division, est intact. Retour sur le parcours d’une rock star disparue trop tôt, et qui n’a jamais pu connaître l’allégresse du succès mondial auquel il était pourtant promis.

Cherchez des photographies en couleur de Joy Division ; vous n’en trouverez pas. C’est à se demander si finalement la vie de Ian Curtis, étoile filante du rock n’roll de la fin des années 70, ne fut pas qu’une succession de touches obscures et lumineuses, comme un tableau qui serait resté inachevé. Bernard Sumner, leader de New Order (groupe culte né des cendres de Joy Division), a travaillé à la musique du film d’Anton Corbijn, Control. Il donne son opinion sur la biographie filmée consacrée à son ami Ian : "Le film est d’une exactitude remarquable. Anton a eu raison de montrer que Ian était quelqu’un de perdu, qui n’arrivait pas à assumer de certaines mauvaises décisions, ni à s’extraire d’une situtation devenue intenable. Il n’aborde pas Ian en mythe. Il montre un garçon talentueux avec des failles et qui donna trop. Trop vite." Bernard Sumner considère sa période "divisionesque" comme un épisode traumatique de son existence, qu’il n’aurait pas voulu revisiter seul. Anton Corbijn l’a fait pour lui, et pour ceux qui s’intéressent au mystère Ian Curtis.

Né à Manchester en 1956, Ian Curtis est frappé de plein fouet par le phénomène punk, comme la plupart des jeunes Anglais de l’époque, en 1976. C’est lors d’un concert des Sex Pistols qu’il rencontre les futurs membres de Joy Division : Bernard Sumner, Peter Hook et Terry Mason, rapidement remplacé par Stephen Morris. Influencé par le mouvement punk mais aussi par David Bowie, Lou Reed ou des groupes électro comme Kraftwerk, le groupe prend le nom de Warsaw puis de Joy Division en 1978. Nom qui fait référence aux baraquements de prostituées dans les camps de concentration de la Seconde Guerre Mondiale, et qui soulèvera une certaine controverse, notamment des accusations de références néo-nazies dans les chansons, ce que Curtis a toujours réfuté. Le groupe connaît ses premiers succès nationaux en 1979, et apparait enfin à la BBC. Leur premier album, Unknown Pleasures, est porté aux nues par les critiques. Joy Division enchaîne les concerts européens, des performances pendant lesquelles Ian Curtis donne tout, au risque de s’effondrer sur scène. Parfois des crises d’épilespie le prenaient en plein concert, et les spectateurs ne savaient pas s’il effectuait sa fameuse danse frénétique, appellée "danse de la mouche", ou s’il était en crise. Jusqu’au 2 mai 1980, ou après un début de concert fracassant à l’Université de Birmingham, Curtis fut transporté à l’hôpital d’urgence, foudroyé par la maladie.

Ian Curtis s’est pendu chez lui le 18 mai 1980. Il n’avait pas 24 ans. Quelques heures plus tard, il serait parti pour une tournée triomphale aux Etats-Unis, mais le destin en a décidé autrement. L’épuisement provoqué par sa maladie n’explique pas ce geste. Il avait déjà tenté de mettre fin à ses jours deux fois, alors qu’il trompait son épouse Déborah avec une journaliste belge et que celle-ci lui avait demandé le divorce. Curtis a toujours été un torturé. Ses textes décrivent souvent des traumatismes et des interrogations profondes, dans la tradition existentialiste. Sa voix grave de baryton, teintée de désespérance, mettait de manière inhabituelle en avant l’importance des paroles dans une chanson. Ian Curtis, c’est un enfant qui a grandi trop vite, qui a connu trop de misères et de joies, trop rapidement, et qui n’a jamais reçu l’amour du public comme il le méritait. Sur sa tombe, dans le cimetière de Macclesfield, sont inscrits ces mots : "Love will tear us apart" (l’amour nous tiendra éloignés). Ce fut le destin en noir et blanc d’un jeune homme doué, anormalement sérieux pour un rockeur, qui chantait chaque chanson comme si c’était la dernière. Qui mérite d’être connu et reconnu. Et qui est mort pour qu’une légende naisse...

en mémoire de Ian curtis

Kebra

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